Parce qu'une revue ne fait que commencer à exister au moment où elle sort de l'imprimerie. Être éditeurice, c'est prendre des risques avant même de savoir comment il sera accueilli, vendu ou diffusé. Avec ALZHEIMER #1, ces risques ont déjà été pris. Le papier des couvertures a été acheté, l'impression a été payée, les couvertures ont été imprimées, l'intérieur également. La revue a été fabriquée, reliée, et les exemplaires sont tout simplement là.
Une campagne qui intervient après la fabrication permet donc de transformer une partie des ventes et des soutiens en un financement supplémentaire pour le projet, pour la maison qui l'a porté et pour la suite de son catalogue. C'est une autre manière d'envisager une demande de soutien. Il ne s'agit pas de demander au public de rendre possible un objet encore hypothétique, mais de lui permettre de soutenir un objet qui existe déjà. C'est une manière assez amusante de lancer ce financement chez The Hoochie Coochie, puisque nous avons justement publié un projet qui interroge les mécanismes du financement participatif, ainsi que les liens entre communication, réseaux sociaux et le travail éditorial.
Alors, on pourrait résumer la situation ainsi : On a raté ce financement participatif. Ce n'est pas grave. La revue est là. Il ne reste plus qu'à l'ouvrir, la feuilleter, la transformer et, surtout, la laisser vivre entre vos mains. Pendant environ un mois, nous vous proposons donc de soutenir la sortie de cette revue en découvrant ou en redécouvrant une partie de notre catalogue à travers une série de petits packs exclusifs et des tirages en gravure unique à cette période.
Toutes les commandes passées sur notre site pendant la campagne, qu’il s’agisse des packs exclusifs ou des livres à l’unité, sont préparées et envoyées au fur et à mesure des commandes. Pas de vague d’envoi à attendre à la fin de la campagne : vos livres sont expédiés dans les meilleurs délais et arrivent directement dans votre boîte aux lettres ! Notre objectif serait de réussir à lever autour de 5000 €.
Cette somme permettrait d'amortir les frais engagés pour cette revue et rémunérer un peu tout le monde à hauteur du travail accompli, mais aussi pour nous permettre de continuer l'aventure avec les prochains projets de notre catalogue 2027.
Et 2027 s'annonce musclé, solide et très politisé, avec par exemple Porkoppio de Martes Bathori :
Dans une France divisée entre deux peuples, Bébert Abd-El-Kadour, un homme merguez, sauve un bébé abandonné, un enfant-saucisse, et fait de lui son fils en le nommant Pinocchio. En s’éloignant du quartier dans lequel il est parqué avec les autres merguez, Pinocchio est pris pour cible par la police saucisse et se retrouve malgré lui au milieu d’un conflit qui le dépasse. Évasion, guerre civile, résistance populaire, seul subsiste l’amour inconditionnel entre ce Papi et son petit Porkoppio.
Dans un contexte brûlant, où l’extrême droite est plus que jamais aux portes du pouvoir, Martes Bathori nous emmène avec Porkoppio dans une fable politique. Reprenant l’histoire de Pinocchio, il imagine le destin exceptionnel d’un orphelin opprimé dans une France d’apartheid, où la haine entre les peuples est attisée.
Ce choix intervient aussi dans un contexte qui ne cesse de se tendre pour l’édition indépendante et pour la bande dessinée en particulier. Alors que les possibilités de financement public sont à nouveau menacées, que le CNL est aujourd’hui face à un risque de démantèlement, et que des librairies indépendantes, tout comme des diffuseurs-distributeurs, se retrouvent à cesser brutalement leur activité, continuer à faire vivre des catalogues différents, des pratiques éditoriales minoritaires et une véritable bibliodiversité devient toujours plus difficile.
The Hoochie Coochie n’échappe évidemment pas à cette réalité.
Pour ce financement à rebours, il n'y aura donc pas de jauge à atteindre pour que l'objet existe. Pas de fabrication bonus qui apparaît du jour au lendemain, pas de paliers à débloquer. Parce que tout est déjà là !
Est-ce que ça vous dit de simplement participer ?