
Après une année 2007 consacrée à refondre à peu près entièrement l’équipe éditoriale, à mettre à plat un système de commercialisation adaptée à notre économie de micro-éditeur et surtout à préparer les deux premiers livres et le Turkey Comix du nouveau The Hoochie Coochie, on peut dire que l’année 2008 aura été bien remplie.
Les premiers mois sur les chapeaux de roues, consacrés à faire vivre les publications précitées pour des résultats dépassant nos espérances les plus folles ! A commencer par un prix de la bande dessinée alternative au festival d’Angoulême pour Turkey Comix nous offrant un coup de projecteur non négligeable. La bête a vu son plumage sérieusement s’épaissir (pagination multipliée par trois, arrivée de nombreux nouveaux auteurs) et malgré la multiplication du tirage par 2 (de 200 à 400 exemplaires), on épuise ce numéro en à peine quelques mois.
Du côté des livres, le Poisson Gélatine de Tarabiscouille rencontre lentement mais sûrement son public, tandis que le Jamestown de Christopher Hittinger, avec ses 500 exemplaires vendus en à peine six mois, nous oblige pour son second tirage (1000 exemplaires, soyons fous) à abandonner la couverture en lino. On s’en serait fait saigner les mains. D’autant qu’à la même période, on publiait déjà Victor Anthracite et les trafiquants de parapluies de Gérald Auclin à 500 exemplaires, tirage évalué un poil à la hausse par rapport à nos prévisions, pour que son auteur remplisse la condition nécessaire pour postuler à l’obtention d’une bourse à l’écriture au CNL. Et ça passe ! Mister Auclin est maintenant forcé à se remettre au turbin sur son projet d’adaptation des poèmes de Daniil Harms (extrait dans le récent DMPP et dans le futur Turkey Comix - pour de splendides pages en couleurs - en attendant le livre, toujours chez The Hoochie Coochie ma bonne dame).
Alors bien sûr, avec tout ça on a malheureusement été obligé de lever le pied et de retarder la parution des Déserteurs, deuxième opus à venir de notre ami Hittinger. On s’en attriste, bien sûr, mais on se rassure en se disant que le livre sera à la hauteur (vous verrez, vous verrez) et que si on n’avait pas su éviter la crise de nerfs ou d’épuisement, on ne serait déjà plus bons à grand chose. J’oublie de parler de l’anthologie Francis Bear de Greg McKay ? Patience, patience, tout vient à point... Et puis on n’en profite pas pour somnoler : dévorés par la jalousie et l’ambition, on décide d’absorber le Dame Pipi Comix de Gérald Auclin (qui devient D.M.P.P. Almanach pour l’occasion) afin que les lauriers de la gloire ne reposent pas que sur sa seule frêle tête d’Hergéphile d’une autre époque et que son colossal travail patrimonial autour de Gustav Verbeek et son activisme de défricheur rencontrent un public un peu plus large que sa centaine de lecteurs fidèles. D’autant que c’est une occasion supplémentaire de souligner notre amour immodéré pour le support de la revue.
Preuve en est ce nouveau Turkey Comix, rendez-vous historique des éditions The Hoochie Coochie, qui voit une fois encore notre petite constellation s’élargir. On y retrouve tous les camarades précités, les grands anciens des débuts, les petits nouveaux qui en veulent, les camarades de la concurrence qui viennent ici changer d’air, et même quelques étrangers : merci aux fidèles, à charge de revanche aux écartés, bienvenue aux nouveaux, à bientôt les retardataires !
Il est pas beau, avec son éternelle dinde sur sa couverture en lino, ses pages couleurs (et oui, on ne se met pas l’argent des ventes dans les poches), son dossier spécial (le premier d’une longue liste), son sommaire éternellement foutraque et décomplexé ? La liste des contributions est trop longue pour que chacun soit ici présenté comme il se doit mais leur travail est éloquent espérons que ce numéro leur rende grâce.
Et dire qu’on fait tout ça pour l’amour de l’art (bon, un peu pour la gloire quand même hein, faut pas pousser non plus)...
Heureusement, vous êtes là pour nous lire.